mardi 7 juin 2011

Petite recette contre la peur du vol

Sylvain Millet dans un projet au Verdon, photo de Tom Vialletet
On me demande souvent des conseils sur la meilleure façon de gérer la peur du vol en escalade, voici ma petite recette pour franchir ce cap...

La chute, c'est une histoire compliquée. Il n'est pas très naturel de tomber ou de se laisser tomber. Pourtant, c'est inévitable pour progresser lorsqu'on essaie des voies à sa limite.

Gravir une voie en tête demande de maîtriser à la fois son corps et ses émotions, c'est l'essence même de l'activité et c'est ce qui rend le jeu de l'escalade si exaltant. Il est dommage de s'en priver en restant paralysé au dessus d'un point.

Vers 17 et 18 ans, j'ai connu une période durant laquelle je ne me sentais pas toujours de grimper en tête. Je préférais faire des moulinettes plutôt que de me retrouver tétanisée au-dessus du point. Aujourd'hui, cela m'arrive rarement en falaise mais en grande voie, lorsque je suis fatiguée ou que la chute est dangereuse, j'ai bien sûr quelques réticences à me « lâcher ».

1. Apprivoiser la chute 
Observer et grimper avec quelqu'un qui est décomplexé par la chute peut s'avérer libérateur. Lorsqu'on assure quelqu'un qui n'a pas peur, on se rend vite compte que cette personne n'a rien d'un superhéros mais qu'elle a simplement assimilé que la chute n'était pas dangereuse. D'ailleurs, celui qui n'appréhende pas la chute, n'en parle pas, prononce à la rigueur un « fais gaffe » afin que l'assureur soit vigilant pour dynamiser.
En apprenant l'assurage dynamique, on s'aperçoit aussi qu'en fin de compte la chute se passe en douceur pour le grimpeur comme pour l'assureur et qu'un vol (classique) n'est rien finalement...

L'école de vol est un bon moyen de découvrir la réalité d'une chute ou de l'apprivoiser.
Il faut la pratiquer dans de bonnes conditions : avec une voie au relief adapté et un assurage dynamique. Les chutes n'ont pas besoin d'être très longues. C'est le "lâcher prise" qui est important : avoir confiance dans le matériel et son assureur en se laissant tomber volontairement.
C'est une première étape essentielle pour passer à la deuxième : accepter de tomber en réalisant un mouvement. Pour franchir cette nouvelle étape, il faut très vite passer à une mise en pratique dans une voie où l'on risque de chuter.

2. Pour passer le Cap
Pour ceux qui veulent en finir définitivement avec l'appréhension de la grimpe en tête, travailler une voie est la base de l'acceptation du vol.

- Il s'agit de se trouver une voie dont l'enchaînement tient à coeur.
- Aller voir en moulinette la première fois ou en tête en se faisant rallonger des dégaines si besoin.
- En travaillant, repérer les prises des mousquetonnages. Le mousquetonnage est un mouvement au même titre que les déplacements de mains et de pieds et il s'agit de se souvenir depuis quelle prise on le fait.
- Si les sections vous paraissent trop engagées, il faut alors rallonger les dégaines pour faciliter les mousquetonnages.
- L'objectif dans votre tête doit être d'enchaîner sans avoir peur de voler, avec une dégaine tous les mètres si il le faut.
                           
3. En pratique 
Une fois les dégaines en place, rallongées si besoin avec des sangles ou des dégaines longues,  se concentrer sur l'enchaînement. 

Avant de grimper : 
Visualisez la voie en se focalisant uniquement sur les mouvements, mousquetonnages inclus, de manière à s'approprier mentalement la suite de mouvements dont la voie est constituée.
Pensez à la respiration quand vous visualisez : comme une phrase, une voie est ponctuée par le souffle. Se concentrer sur le souffle est une bonne manière de s'ancrer en soi-même, de reprendre le contrôle de ses émotions.

Une fois dans la voie : 
Dans les sections, penser aux placements, aux pieds importants, au poids qu'il faut mettre dessus. Penser à grimper délié dans les sections faciles qui sont souvent les sections engagées d'ailleurs. En se crispant moins sur les prises, on accumule moins d'acide lactique dans les avants-bras et on a donc plus de chance de réussir.  
Dans les repos, se concentrer à nouveaux sur les prises suivantes et si cela rassure sur les mouvements à effectuer jusqu'au mousquetonnage suivant, sans perdre de vue que c'est l'enchaînement qui compte. 

Apprenez à respirer: 
En oxygénant les muscles, un souffle contrôlé procure un sentiment de liberté et de confiance dans son corps. Apprendre à respirer dans l'effort non par saccades mais par des respirations plus profondes qui viennent du ventre. 

Profitez du cadre:
Lorsque le repos est excellent, voire total, il m'arrive de « sortir » quelques secondes de mon enchaînement pour savourer la vue qui s'offre, l'air qui caresse mes cheveux, les oiseaux qui virevoltent à mes côtés... Me replacer dans un cadre plus large que celui de la voie m'aide à relativiser l'issue et à me détendre.
Une mini séance de sophrologie sur le rocher en quelques sorte !

4. Pourquoi grimper en tête?
- Lorsqu'on grimpe en tête, on se sent autonome et on sait dès lors que l'on peut faire découvrir l'activité à d'autres. On est meneur et c'est une sensation très agréable, sans compter la petite dose d'adrénaline et d'euphorie qui parcourt l'échine lorsqu'on a réussi à « engager un peu plus » que d'habitude dans une voie!
- Cela donne un sens à notre pratique. C'est dans ces moments là qu'on est obligé de maîtriser son corps et son mental. 
- Sans compter que travailler une voie en tête est infiniment plus commode. L'assureur est plus concentré et on ne passe pas son temps à hurler "bloque !" en sachant qu'en moulinette, avec l'élasticité de la corde on va encore se retrouver un mètre plus bas.


5. Dédramatiser et ne pas se forcer
Lorsqu'on reprend, après une pause ou blessure, il est normal que les bonnes sensations ne soient pas toujours au rendez-vous. Le plus simple est de reprendre à grimper en tête dans des à-vue, bien en dessous de son niveau max, afin de retrouver les sensations et le plaisir.

Il n'y a pas de honte à grimper en moulinette. Lorsqu'on est fatigué, qu'on a pas le moral, notamment à certaines périodes du mois pour les femmes, inutile de se forcer. Ce qui compte avant tout, c'est de préserver le plaisir. Tout le monde n'est pas grimpeur à temps plein et lorsqu'il s'agit d'une sortie en famille le week-end ou entre potes, inutile de se gâcher la journée. La vie est trop courte !

6. Pour finir, mon petit mantra anti-trouille !

"On met souvent plus d'énergie à avoir peur qu'à essayer."


41 commentaires:

  1. Merci pour cet article !
    Personnellement, je grimpe bcp en Ariège et je dois dire que pas mal de voies comportent des passages ou la chute n'est pas une option, notamment en dalle.
    J'ai pu comparer avec d'autres sites comme Orpierre (à l'autre extrême ?) et je dois dire que c'est plus le même sport.
    Par contre plus la cotation monte et plus les points sont proches.
    Je me dis parfois que certains ouvreurs ne se mettent pas à la place des grimpeurs de petit niveau. Disons que quand on fait 7A/7B c'est sûr que 6B c'est facile mais pour le grimpeur de 6A qui cherche à progresser un point tous les 3 ou 4 mètres en dalle est-ce que c'est bien malin ?
    Aujourd'hui ça me bloque dans la progression car je n'ai pas envie de me casser les deux chevilles pour une voie.

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  2. Je suis bien d'accord avec ce que tu dis et je pense aussi que le cap est plus difficile à franchir dans le 6 que dans le 7. La chute est souvent moins agréable dans du 5 ou du 6. Elle peut être dangereuse et lorsqu'il y a alternance de zones dalleuses et verticales, il faut effectivement bien en évaluer les conséquences.
    Je comprends que tu préfères faire des moulinettes dans les dalles engagées. Peut-être peux-tu profiter de tes vacances dans des sites plus aseptisés pour faire du à-vue. Il y a aussi la solution qui consiste à utiliser une perche pour clipper les points lors de la première montée dans une voie. Bonne grimpe !

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  3. Merci stef !
    C'est exactement ce que je vais faire cet été avec un passage par Orpierre et Ailefroide.
    Je compte bien progresser en tête dans des voies plus équipées pour revenir plus serein sur mes falaises ariégeoises que j'adore.
    J'ai déjà vu en vidéo cette solution avec la perche mais je ne souhaite pas l'utiliser, je préfère progresser par mes moyens même si c'est long.

    Très bonne grimpe et longue vie à ton blog.

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  4. Bonjour,

    J'ai beaucoup grimpé quand j'étais étudiant (pas à un très haut niveau mais toutes disciplines confondues, dont terrain d'aventures en Utah, Californie...et deep water...) et depuis que je travaille il est presque impossible de regrimper en tête. Et dans les cotes bien inférieures aux miennes, je n'éprouve pas de plaisir. Malgré tout "la tête me manque". Aurais tu des conseils? J'essaye de faire du foncier (jogging) pour reprendre du physique qui aidera le mental, mais les résultats sont aléatoires...Merci
    Olivier
    worldclimbing.fr

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  5. Bonjour Olivier,
    il est vrai qu'avec l'âge, les contraintes se multiplient et on a moins de temps à accorder à l'escalade, ce qui est normal. Pour retrouver le plaisir, il faut arriver à ne pas se fier au niveau qui était le tien lorsque tu étais étudiant et que tu avais beaucoup de temps pour grimper. Peut-être que tu devrais essayer de grimper dans des sites où tu n'as pas de références. Dans des belles voies nouvelles, même faciles, tu te feras certainement plaisir. Il me semble que la méthode dont je parle dans l'article, travailler une voie, devrait te convenir (encore une fois, il faut accepter le niveau qui est le tien en ce moment. C'est parce qu'on arrive à donner son max et à forcer dans ce niveau qu'on pourra progresser ou re-progresser).
    Ensuite, il faut reconnaître que l'escalade est une activité extrêmement chronophage, qui demande beaucoup d'énergie et une bonne disponibilité mentale, ce qui n'est pas toujours compatible avec un travail prenant. Il ne faut pas négliger de te tourner vers d'autres activités qui peuvent être épanouissantes pour la vie de tous les jours comme le yoga par exemple; ces ouvertures sur d'autres activités permettent de faire un break avec l'escalade et de revenir ensuite plus disponible; sans compter qu'elles sont souvent très complémentaires.
    Bonne suite à toi !

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  6. Merci pour cette réponse, c'est vrai que ça demande beaucoup d'énergie, mais quand c'est une passion on est prêt à tout donner.. Et effectivement, je pense que toi ou Arnaud avez dû connaître cela, le choix entre la vie professionnelle ou l'escalade (ou autre activité) est difficile à faire. Il y a forcément des sacrifices. Mais quand on a vécu des moments avec l'intensité que l'escalade peut procurer, c'est difficile d'y renoncer...

    Et bizarrement, pour en revenir au vol, je l'ai toujours plus appréhendé en sportive qu'en terrain d'aventures. Le fait de poser mes propres protections à l'endroit que je choisis me rassure beaucoup, (même si elles ne tiennent pas.) Et comme tu le dis, il y a des voies qui s'y prêtent beaucoup mieux que d'autres. A Indian Creek, pour chuter sur Camalot, ça me paraît la meilleure école qu'il soit!

    Bravo pour les expés, projets, livres et autres!

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  7. Merci pour cet article très intéressant.
    Je ne suis pas tout à fait d'accord avec votre vision des choses concernant l'école de vol. C'est selon moi un des facteurs primordial pour accepter la chute en tête. Vous dites que vous n'y croyez pas du tout, mais vous avancez comme argument le fait de se faire sécher par un mauvais assureur... En effet dans ces conditions, personne ne souhaite passer par une école de vol. Mais dans des conditions normales de chute (assurage dynamique entre autre), c'est selon moi le seul moyen pour acquérir les bases pour vaincre sa peur du vol : apprendre à bien chuter sans remettre en cause son intégrité physique. Comment peut-on aborder tous les problèmes psychologiques de la grimpe en tête si l'apprentissage de la réceptionner lors d'une chute en tête n'a pas été réalisé??? Et comment apprendre tous ses rudiments techniques sans passer par une école de vol (dans de bonnes conditions bien entendu)?
    Amicalement.

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  8. Merci pour ton commentaire Fabien. Tu as raison et je m'apprêtais justement après réflexion à nuancer mon propos concernant l'école de vol car l'argument de se faire sécher ne fonctionne pas toujours en effet. Je n'ai jamais fait ou fait faire d'école de vol, je me suis seulement basée sur ce que j'a pu observer en falaise et qui m'a fait peur parfois. Cependant lorsqu'on se fait assurer par un professionnel ou par un compagnon de cordée habitué à l'assurage dynamique, cela peut bien être un moyen comme tu le dis d'acquérir les bases pour dépasser la peur de voler.
    Je vais donc modifier mon article à ce propos.
    Merci bien et bonne grimpe !

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  9. Merci Stéphanie pour cet article intéressant sur ce sujet incontournable. Merci aussi de nous faire partager vos aventures (j'ai beaucoup aimé le Salto Angel).
    La chute n'est qu'un paradoxe! Elle n'est pas naturelle et pourtant elle fait partie intégrante de l'escalade. Elle fait peur et pourtant avec un peu d'habitude ça devient presque amusant!

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  10. J'adore le 8è point. Confucius n'aurait pas dit mieux. Courir après ces instants de bonheur déconnectés du monde, du temps: le plaisir de grimper encore et toujours de 7 à 97 ans (il parait que l'espérance de vie augmente) !
    Forzaaa,

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  11. Billet très sympa, sur un sujet important, notamment pour les débutants.
    J'ai eu la chance d'être initié dès le début à la chute en tête et donc "poussé" à faire de la grimpe en tête plutôt qu'en moulinette. C'est très important d'être "au clair" dans sa tête vis à vis de la chute, sinon grimper en tête vire rapidement à la psychose. Loin de moi l'idée de dénigrer la moulinette (ou la grimpe en second), mais je suis personnellement plus à l'aise en tête (à cliper) qu'en moul' (je déteste décliper). Or je sais très bien que si je n'avais pas appris à chuter, je n'aurais jamais passé le pas de faire des voies entières et à ma limite en tête.
    Point important pour apprendre la chute : le faire avec un bon compagnon de cordée, quelqu'un de confiance, qu'on connait au moins un peu, pas un assureur de rencontre... Faire les "exos" de chute en alternant. Il faut que votre assureur sache qu'il va y passer ensuite et vice-versa. La vigilance devient vite maximale dans ces conditions... Et bien sûr commencer "mollo", avec des chutes quasi-annoncées juste au dessus du point, en poussant de plus en plus le "réalisme" pour finir sur les cas les plus engagés, style "chute pile sous le point, avec plein de mou en main, juste avant le clipage". De toute façon une école de vol est aussi super importante pour apprendre à assurer dynamique (je ne vois pas comment à apprendre à dynamiser autrement qu'avec des chutes, donc autant que ça serve toutes ces chutes provoquées).
    PS : très sympa ce blog !

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  12. Bonjour Stéf

    C'est juste pour vous dire bravo pour vos exploits avec Arnaud Petit.

    Cordialement

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  13. Merci Petrus de nous faire partager ton expérience qui complète bien l'article. Effectivement la confiance au sein de la cordée est capitale pour progresser sereinement.

    Et merci à tous pour vos commentaires bien sympas et vos encouragements !

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  14. Article très intéressant et très "parlant". Il a même été imprimé et glissé dans les topos utilisés ces derniers jours... Je relis les passages qui me paraissent importants et ca m'aide ensuite lors de la grimpe en tête. Merci:)

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  15. Bravo pour cet article ! Moi, mon mantra je l'ai piqué dans Dune : tu ne connaîtras pas la peur, car la peur tue l'esprit.
    En général, ça calme très bien un début de panique...

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  16. salut Stéphanie,

    c'est christophe (copain de marie, on s'était croisé, avec elle, à Gache), je vais transmettre ton expérience à mes licenciés, c'est bien écrit !

    Bises

    Christophe de quinson

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  17. merci Stef pour ton article, aprés une chute et fracture astragale, calcanéum et cuboïde je reprends à grimper en tête dans le 6
    je mets en copie tes conseils pour les pôtes du club de Villennes

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  18. Très heureuse que ces conseils puissent servir au plus grand nombre et surtout, bon courage pour la reprise et bonne grimpe !


    Christophe, merci pour ton message et ton souvenir de Marie qui ne me quitte pas.
    Au plaisir de te recroiser un de ces jours,
    Bises

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  19. Remarques d'un papy qui à l'approche des 70 ans, grimpe encore occasionnellement en TA facile(5+/6a)avec sa fille, mariée et plusieurs fois mère de famille.
    Règle n°1 et unique: avoir un bon assureur, c'est à dire attentif, fiable et serein . Avez vous remarqué comme l'on ne passe plus rien lorsque son second a la trouille?
    Pour le reste, prévoir raisonnablement la chute par la pose de protections appropriées qui dépendent largement du niveau du grimpeur, mais ne pas y penser plus que ça et surtout pas dans le passage.
    On grimpe avec sa tête, et si on ne peut chasser sa peur, mieux vaut regarder la télé.
    Dernière remarque: si on n'a pas d'assureur du tout on est hors sujet!!!

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  20. Bonsoir,
    je suis un des grimpeur de Chris de Quinson,
    je pratique ou j'ai pratiqué plusierurs sports à risque (équittion et arts martiaux) pour lesquels le contrôle du mental est primordial. Et dans chacun je retrouve l'idée maîtresse qui est le plaisir. Le plaisir de grimper, de galoper et de se surpasser. Cela dit ce n'est pas faacile tous les jours. Ilfaut en grignotter chaque jour un peu plus. Perso j'ai le vertige, c'est con pour un grimpeur,
    mais jamais je ne renoncerai à progresser là-dessus. Moi je cite plutôt "Bodhi" qui rappelle que la peur est ce qui entraîne la réalisation de nos pires craintes!
    La maîtrise du souffle est un moteur, la concentration sur l'objectif et la visualisation précise du mouvement réalisé en chassant l'imga du mouvement inversse qui serait inquiétant, tout en se mettant évidemment correctement en sécurité...
    Je finirai bien par venir du bloc aux voies... finalement le vol ça pourrait bien être marrant!!!
    La bise à tous, ça aide de vous avoir tous lus!
    F.

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  21. Dslé pour les fautes...

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  22. Hier premier vol de.... 3 mètres (en salle). c'était rigolo et pas stressant. L'assureur m'a dit "lâche" car je n'en pouvais plus de grimper une 6a en tête (faut bien un début....) et j'ai lâché. Arrivé en bas j'étais déçu d'avoir lâché. Le "vol" c'était agréable en fait !

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  23. Bravo Matthieu ! Ainsi, la prochaine fois, tu continueras à te battre jusqu'au sommet de la voie sans appréhender une chute éventuelle.
    Bonne grimpe !

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  24. Hier notre prof d'ecalade nous à proposez de nous lacher quand on arrivait juste en dessous de la dernière degaine sans la clipper. Je peux vous dire que je n'ai pas oser... C'est dommage car j'aimerai enlever cette "peur de monter en tête".

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  25. Juste pour réagir sur la peur du vol
    J'ai un niveau 6B/C
    Je prend au minimum un vol par séance qu'il grand ou petit
    Et j'ai quand même la peur du vol.
    Cela ne me bloque pas le truc c'est que lorsque je sens que suis limite dans l'engagement du pas je me lâche avant la chute inopportune.Et hop c'est repartie sans se trop se poser de question.

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  26. Super blog, vraiment et félicitations pour sa tenue (réponses, réactions...).
    Et pour en revenir au sujet du vol, je voulais juste partager une manière de faire pour les voies après-travail: voler lorsque l'on se pose une question sur la qualité du vol. Cela peut paraître paradoxal, mais le fait d'avoir osé voler dans un endroit où je l'appréhende me libère et me désinhibe et... permet in fine l'enchaînement de la voie voulue.
    On comprendra aisément pourquoi je suis très mauvais à vue...
    Mais pour moi, les meilleurs vols ont toujours été ceux auxquels je ne m'attendais pas, lorsque la petite écaille de main gauche casse par exemple. Ce qui montre bien que c'est essentiellement dans la tête que cela se passe. CQFD.

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  27. Merci de nous faire partager ta petite recette ! C'est une solution en effet. Et pour ce qui est du à vue, c'est vrai que le meilleur moyen de dépasser la peur du vol consiste à faire un point objectif depuis le bas en constatant qu'aucune chute n'est dangereuse et ensuite à "débrancher le cerveau". Je pense qu'avec le temps et les vols au compteur, cela va venir aussi:)

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  28. Bonjour,

    Très bon article effectivement, merci pour celui-ci Stéphanie.

    Juste quelques remarques tirée de mon expérience, venant d'une époque ou le BE d'escalade était inconnu (si si), ou les premiers baudriers (appellés 'cuissards' à l'époque) sortaient, les SAE commençaient juste à voir le jour (avec des prises en bois ou taillées au burin dans le béton) et ou c'était généralement la personne la plus expérimentée qui enseignait aux autres (quand ce n'était pas son prof de sport au collège).

    Comme Seb en donnait l'exemple plus haut, malgré les écoles de vol, certaines personnes ne s'habituent jamais à la peur de la chute ou du vol.

    Leur conseiller de rester devant leur télé comme l'a dit un autre n'est franchement pas constructif et ne résoudra en rien leur problème.

    Ce que l'on constatait à l'époque pour certaines de ces personnes qui avaient encore peur du vol(des 2 sexes, on a vu des Mr Muscles en pleurer), c'est que si elles ressentaient encore cette peur, c'était soit:

    - Car elles avaient été victime (ou témoin) d'un épisode de chute traumatisant dans le passé.

    - Car elles ne faisaient pas encore une confiance absolue confiance dans le matériel (ou l'assureur).

    - Car elles avaient plus peur du vide que de celle de chuter.

    Dans ces 3 cas particuliers, l'école de vol ne se passait pas bien, avant comme après vol.

    A force d'y réfléchir, nous en étions arriver à une solution, celle de dédramatiser la chose et de rendre les choses 'Fun'.

    Pour être bref, nous mettions le/la patient(e) en bout de corde (à quelques mètres du sol pour commencer, puis plus haut (au niveau du 1er relais) et suspendue par le haut, nous lui faisions faire des petits sauts avec ses jambes pour se repousser de la falaise, puis des pendules, en courant sur la falaise (commee en alpi)de plus en plus grand.

    Généralement, avec le bon instructeur avec le 'patient', cela finissait en grosse crise de rigolade !

    Le 'vide' et la notion de confiance dans le matériel était alors assimilées et le vol 'passait'.

    Pour des personnes qui veulent se tourner vers l'alpi (ou le trad), je ne suis cependant pas sûr que la notion de chute 'safe' soit une bonne chose à assimiler.
    La chute est une notion exclue en montagne (hors voies spitées), et avoir dans le corps et dans la tête la notion de vol 'fun' retarde les mécanismes biochimiques de protection (la peur entraîne une cascade de réactions chimiques, et certaines d'entre elles sont bénéfiques).

    Pour finir, à chaque fois que j'ai parlé d'école de vol à des amis Anglais ou Américains, ça les a toujours fait marrer ! On sait tous pourquoi ;o)

    Bonne Grimpe à Vous.
    Stay Safe

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  29. Bonjour moi j'ai 12 ans et j'ai toujours peur de tomber mais je continue quand meme! =) Je fait du 6b+,6c es ce bien pour mon age? Et en bloc je fait la couleur rouge et je commence du marron! Et vous que faites vous comme voie?

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  30. C'est encore moi(la fille de 12 ans) merci pour cette article

    Bonne Grimpe!<3 =)

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  31. merci pour cet article,
    je viens de reprendre l'escalade aprés 15 ans d'arrêt,
    à l'époque j'étais ado et j'ai un peu grimpé en tête mais sans jamais prendre de vol.
    j'ai repris la grimpe car ma copine voulais en faire et comme elle n'y connais rien j'ai bien été obligé de reprendre direct par des voies en tête et à vue.
    avec donc cette apréhension du vol.
    mais une fois aprés m'être agacé sur une voie en 6c en moulinette et m'être bien daubé les bras,
    j'ai attaqué une 5c tranquille juste aprés, mais avec les bras daubé j'ai pris une prise que j'ai échappé direct, et pris un vol où je n'ai même pas eu le temps de penser que j'allais tomber..
    et finalement, c'est pas si terrible un vol,
    j'ai même trouvé ça agréable et je dois dire que ça m'a bien libéré.
    et même si ça peut me mettre encore un peu la pression des fois, (quand les points sont un peu trop éspacés à mon gout..)
    je trouve que c'est une pression bénéfique car elle force ma concentration et m'oblige à me dépasser,
    je suis persuadé qu'il y a pleins de passages durs que j'ai passé en tête que si je l'ai avais fait en moulinette je me serais laisser tomber.
    allez, bonne grimpe

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  32. Le vol, grande question! je grimpe ds le 6a, 6b, et à ce niveau là il y a plein de risque de se blesser( petite vire, saillie du rocher, etc...) Perso c'est cette peur de me blesser qui me fait refuser le vol. Paradoxalement, il y a sans doute moins de risque qd c'est plus dur!

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  33. Bonjour à tous,

    Mon problème est la chute, j'ai un niveau 5C et je sais que je peux faire mieux. Je suis complètement bloquée par la chute mais vraiment cela m'empêche de progresser et je suis plutôt une personne très cérébrale, besoin d'intellectualiser les choses. J'ai réussi à "sortir" du 6a et 6A+, mais comment dire mes doigts st tellement crispés que cela n'est pas agréable. Toujours pas trouvé le moyen de débloquer cette peur !

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  34. Je pense que m'a peur de la chute, et la sensation que je ressens.
    Je m'explique je me suis laissée tomber j'ai comme des vertiges, je ferme les yeux en attendant que "ça passe". Il semble que j'ai un souci d'oreille interne. Une amie m'a suggéré deux astuces : de mettre des boules Kies et/ou essayer les bracelets magnétiques... Qd pensez-vous ?

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  35. Aïe, difficile question ! J'ai bien peur de ne pas vous être très utile. Je ne crois guère à l'efficacité des bracelets magnétiques mais ça, c'est un point de vue personnel bien sûr... Pour ce qui est des soucis d'oreille interne, c'est vrai que ça peut être handicapant. Dans certains cas, les sensations de vertige liées aux problèmes d'oreille interne peuvent être seulement ponctuelles et aggravées par une fatigue passagère. Dans ce cas, je vous conseillerais de retenter de voler. Peut-être que votre corps s'habituera. Mais si cela persiste, il faudrait demander conseil à un spécialiste. Je ne connais pas l'astuce des boule quies. Simplement et pour plein de raisons (sécurité, méthode, etc…) ça ne me paraît pas judicieux de se priver de la communication avec son assureur quand on grimpe.
    Bon courage en tout cas et j'espère que vous allez trouver une solution satisfaisante :)

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  36. bonjour, j'ai le vertige, mais vraiment le vertige, au sol,il me suffit de lever la tête et j'ai les jambes qui flagolllent . Mon colloc m'a demandé de faire de la grimpe avec lui, pas fière mais j'ai accepté et cela a été assez difficile.Dès le premier mètre ,j'avais peur, le 3ieme metre, tétanisé et pourtant j'ai continué de monter, ca m'a pris 30 mn pour faire 12m en salle .Arrivé en haut, l'assureur me dit "tu descends?" moi "non",je ne pouvais pas, je voyais le sol ,12m,c'est le vide .Pourtant,j'ai laché, je lui ai fait confiance ,il m'a descendu en douceur,j'etais content. Mon plus gros défi, n'etait pas de monter mais de descendre ,c'etait il y a un mois .La semaine derniere (7ieme sortie), je pris l'enrouleur mecanique,pour m'habituer,je me laissais tomber a 1m,puis 3m,puis 5m,mais 12 m c'etait difficile, je ne voulais pas lacher mes prises ,il fallait pourtant bien descendre ,ce que j'ai quand meme fait . Ce que j'essaie de dire, c'est 1 ne pas forcer les gens
    2 faire des choses faciles,pour s'habituer ,y prendre plaisir et ainsi avoir envie de recommencer
    3 avoir confiance envers son assureur
    4 avoir confiance dans le matériel et le tester pour se rendre compte que "ca tient"
    5 expliquer calmement ou poser les pieds (pas toujours facile de faire la difference entre un blanc cassé par la craie et le noir eclairci,par la meme craie)
    Maintenant,j'en suis où on m'explique que je peux économiser mes forces en utilisant mieux les jambes et moins les bras.
    J'en suis a ma 8ieme sortie en salle et je suis tout content,maintenant d'en faire.J'ai toujours la peur du vide mais je peux la gerer en me concentrant sur la montée.

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  37. Bonjour Edouard et merci pour ton témoignage ! C'est vrai que l'enrouleur mécanique, pour ceux qui grimpent dans des salles qui en possèdent, a l'air d'être très utile pour s'habituer à tomber en douceur.
    Bonne suite à toi et bravo encore :)

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  38. Merci pour ces conseils de premier choix, je trouve que "Profitez du cadre" est excellent! C'est vrai que j'ai déjà eu des périodes où je stressais et bloquais totalement dans les voies en tête. A ce moment c'est vrai qu'il est bon de dédramatiser, et se recentrer sur le plaisir qu'on a à être là où on est et à pratiquer le sport qu'on aime! Et comme tu dis, l'envie de partager sa passion avec d'autres moins expérimenter nous pousse aussi à dépasser cette peur! :)

    Bonne grimpe,

    Marie

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  39. Merci pour ton message Marie et bonne suite à toi !

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  40. Bonjour à tous et merci à Stef d'aborder ce sujet , qui me perturbe en ce moment , en 2011 , j'ai fait une chute en escalade , je n'avais pas peur de voler et je voulais enchaîner un 7a avec un pas dur au départ, je suis suis tombée sur le premier point et malheureusement , la dégaine a tourné et s'est déclipée du spit!!! Donc chute au sol , trauma crânien , intervention et coma !!! Mais je suis sortie d'affaire et dès que j'ai pu , j'ai repris la grimpe . Pourtant , depuis je connais la peur de voler et ça m'ennuie pour progresser et faire ce que j'ai envie de faire ; Je grimpe toujours en tête mais dès que cela devient dur pour moi , je me fais prendre ou essaie de clipper le prochain point quand c'est possible , je me suis donc acheté une dégaine panique et je suis pour la perche pour se protéger au premier et second point si c'est possible !!! Devrais-je faire une école de vol pour me rassurer?? J'ai du mal aussi à faire confiance à l'assureur car je grimpe avec des amis qui n'ont pas beaucoup d'expérience du vol.... Tout ça pour dire que oui , la barrière du vol empêché de progresser et j'aimerai tellement retrouver cette liberté !!!! Merci pour tout ce que vous faites Stef et Arnaud

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