lundi 25 février 2013

"Placas y tapas" à La Pedriza

La grimpe en dalle, c'est une fuite en avant impossible à maîtriser parfaitement. Les émotions sont garanties et il s'agit de réveiller le lézard qui sommeille en nous !

Notre second séjour à la Pedriza se termine en fin de semaine et nous n'avons pas vu les jours passer depuis notre arrivée. Aujourd'hui, la neige me donne l'occasion d'écrire enfin quelques nouvelles.
Les retrouvailles n'ont pas été faciles mais très vite, les sensations de l'an passé ont refait surface.



Les températures très froides nous ont permis, moyennant de belles onglées, de réussir rapidement quelques-uns de nos projets: le 8b historique, "Vicky el vickingo" du secteur "Peseta" pour moi. Un pur passage d'équilibre avec des prises de mains presque inexistantes et qui marche grâce à un miraculeux cristal de pied, sur un rocher incroyablement compact. "Apprendiz de Chapero", un 8b/b+ plus récent pour Arnaud sur un pilier bien technique à Reloj, et pour tous les deux, "Sambarilux", un 8a+ majeur à rasoirs, toujours sur le superbe mur d'El Reloj et à Tora Bora, "Los hermanos malasombras", une vraie dalle de 30 m tout en continuité en 8a/8a+.


Les jours de repos et de mauvais temps, nous avons pris le bus et en moins d'une heure, nous nous perdions dans les immenses galeries des musées madrilènes. Reina Sofia, musée du Prado et collection Thyssen, il faudrait des années pour tout admirer !
Nous avons également découvert un lieu culte pour les montagnards et les amoureux du voyage: la librairie des éditions Desnivel. Un lieu unique, vraiment magique et très ancien en plein coeur de Madrid.
On trouve ici des ouvrages du monde entier, une équipe de passionnés menée par le journaliste Dario Rodriguez. Dario était un jeune grimpeur de 21 ans lorsqu'il a fondé le magazine Desnivel il y a 32 ans, puis quelques années plus tard, cette maison d'édition dynamique qui sort chaque mois 2 ou 3 ouvrages nouveaux, même si la crise a fortement touché ce secteur.


Il était bien agréable, après avoir couru les métros pour contempler les chefs d'oeuvre des maîtres, de retrouver la montagne que nous aimons. Rivières tranquilles et torrents tumultueux, granit colorés, mousses et lichens hallucinogènes, vautours majestueux et impassibles qui planent dans l'azur, autant de tableaux qui nous enchanteront toujours !


Pour l'heure, les bouquetins peu farouches et curieux vont encore nous narguer depuis le sommet des voies et le voyage se poursuit, avec pour mantra, ces vers d 'Antonio Machado :

"Caminante, no hay camino
se hace camino al andar..."

"Toi qui marches, il n'y a pas de chemin
le chemin se fait en marchant..."