samedi 18 mai 2013

Totem Pole en Tasmanie


Un pèlerinage sur l'un des lieux de nos rêves de jeunesse, éveillés par les fabuleuses images de Simon Carter.
Gravir Totem Pole relève autant de la magie que de l'escalade. Pour ceux qui ne connaîtraient pas cet incroyable îlot rocheux, il s'agit d'une spectaculaire colonne de basalte de 5 mètres sur 5 et de 65 mètres de haut, qui se dresse entre deux parois au milieu d' un étroit couloir d'eau. 



L'aventure commence par une belle approche d'une heure trente à travers une forêt d'eucalyptus. Quelques kangourous traversent le sentier et de drôles de perroquets noirs et blancs s'envolent en nous apercevant. Avant l'arrivée des anglais, des tribus d'aborigènes vivaient paisiblement sur ces côtes, de la chasse et de la récolte de coquillages.


Le panorama est somptueux et sauvage lorsqu'on atteint le cap Hauy. On quitte alors le sentier touristique et s'ensuit un passage de désescalade. Voilà enfin le Totem, niché dans son creux houleux. De grosses algues chevelues fermement cramponnées au rocher suivent le rythme des vagues. L'ambiance est franchement impressionnante, en particulier par cette froide journée de fin d'automne. Nous n'avons certainement pas choisi la meilleure saison mais allons-y ! Il faut tout d'abord fixer la corde au relais situé à la même hauteur que le sommet du Totem Pole puis, avant de s'engager plus avant, jeter un coup d'oeil aux vagues et à la marée ! Cette corde que l'on garde avec soi lors de l'ascension permettra ensuite d'effectuer la tyrolienne du retour...


L'escalade de ces deux longueurs très soutenues dans le 7b est intimidante mais magnifique. Le rocher est compact, sculpté et d'une grande adhérence. La voie est équipée au minimum et les friends ne servent qu'à deux endroits. L'ambiance austère et le froid glacial qui nous chatouillait le cou ce jour-là ont pimenté l'ascension mais quelle chance ! Le départ était sec, ce qui n'est pas toujours le cas en fin d'automne et le lendemain, le mauvais temps s'installait...


Les alentours de Port Arthur offrent de belles escalades, notamment du côté du Mont Brown et de Cape Raoul (à voir, ce super blog sur la grimpe en Tasmanie). Nous n'avons pas eu la chance d'y grimper et nous sommes partis nous réfugier quelques jours sur l'agréable péninsule de Freycinet où la météo s'est montrée plus clémente (un petit post sur le sujet à venir bientôt). L'hiver est bel et bien arrivé et nous avons l'impression de vivre à rebours, au propre comme au figuré !

Crescent Bay, vue du Mont Brown, à côté de Port Arthur
Au Sud de Port Arthur, Cape Raoul.
En arrivant vers la péninsule de Freycinet